01 septembre 2008
Saison 2
24 heures philo
Coordonné cette saison par François Noudelmann et Eric Aeschimann, le blog 24 heures philo affiche de nouvelles intentions pour l'année à venir en annonçant deux types de "débats plus approfondis", portant d'une part sur "l'avenir de la gauche française", et d'autre part sur "les relations entre philosophie et littérature", tout en conservant la formule originale du blog collectif "qui invite des philosophes à s'exprimer librement sur l'actualité."
Extrait de la présentation :
"Son ambition n'est pas d'ériger un contre-modèle, de définir un savoir clos sur lui-même ou de partir à la recherche d'une quelconque sagesse. Elle est —plus modestement? plus orgueilleusement?— d'être le lieu d'une philosophie vivante, où l'acte de penser est partie intégrante de la vie en commun et du partage des subjectivités. En somme, un acte politique. Notre conviction est que, pour vivre, la philosophie doit se frotter aux événements politiques, aux mutations sociales, mais aussi aux courants esthétiques ou aux simples gestes quotidiens."
07 mai 2008
24 heures philo
Un blog des philosophes
Dans l'esprit du Libé des philosophes de novembre 2007 et sous le signe de "l'engagement critique et de la découverte", François Noudelmann coordonne un blog à plusieurs voix : 24 heures philo. L'actualité et la philosophie dans un même mouvement, celui de la confrontation des faits aux idées et des idées aux faits... "Ce blog sera moins l'expression d'une voix que la mise en relation d'idées, d'énergies, d'auteurs qui ne se résignent pas à la langue des experts ou des prédicateurs et qui partagent la passion d'inquiéter la pensée."
François Noudelmann anime aussi les Vendredis de la philosophie, émission hebdomadaire de France Culture diffusée de 10h à 11h (podcast)
16 janvier 2008
Le blog d'Yves Michaud
Blog encore, et Simone, Laure etc... : buzz intellectuel ?
Le cul fait parler, et quand c'est celui de Simone de Beauvoir, chignon oblige ("ah, ce chignon enturbané"), il donne même à réfléchir. Yves Michaud s'y colle et ouvre un nouveau blog, risquant un parallèle entre la mésaventure exhibitionniste de Laure Manaudou et l'affaire Simone de Beauvoir nue en une du Nouvel Observateur. Parce qu'il n'est aujourd'hui de bonne intimité qu'exposée, ce dont les requêtes Google sont l'exacte traduction : "Manaudou nue", "Beauvoir nue", les clefs de bien fugitives passions, oeil pour oeil, vent pour vent. La photographie telle que publiée en couverture du Nouvel Observateur, dans ce contexte, a engendré deux formes d'indignation pas si contradictoires : la féministe, renvoyant à l'exploitation mercantile du corps féminin, l'esthétique dénonçant un usage régressif et répressif de la retouche. De l'image crue prise par Art Shay selon les canons esthétiques de l'époque, à l'image aseptisée publiée par le Nouvel Observateur (le syndrome du top model), il y a plus qu'un malentendu. Yves Michaud nous dit que "c'est la technologie qui commande", et "notre voyeurisme". Mais nous savons qu'un Art Shay féminin n'a pas photographié Sartre sortant de la baignoire, pas même à l'insu de son plein gré. Les ébats sur téléphone mobile ne pourraient-ils donc pas alimenter de si beaux débats ? "Débat vieillot" nous dit Michaud de la posture féministe. Et si c'était cela la véritable obscénité : une photographie dit toujours autre chose qu'elle-même, ou c'est une "photo souvenir". La photographie numérique, ce Polaroïd du 21ème siècle, ne dit rien d'autre qu'elle-même : c'est de l'intimité retouchée, à l'abri de la réalité. Faites chauffer vos capteurs, il n'y a plus rien à voir, puisqu'on peut tout montrer, tout regarder... Des exploits de Paris Hilton aux portraits de Facebook, en passant par les téléphones à photomater et la Beauvoir retouchée, c'est la même répétition d'une scène bien primitive, ce pourquoi Yves Michaud conclut "c'est vraiment bête qu'on n'ait rien pour Georges Sand, Madame de La Fayette ou Mademoiselle de Scudéry" Vraiment bête, et Arthur Schopenhauer, Friedrich Nietzsche etc... Avec Yves Michaud, voici Laure Manaudou promue philosophe... et le philosophe, scrutateur... De bien beaux débats !
04 décembre 2007
Strass de la philosophie : hors-champs, contretemps, contrefaçons
Le blog de Jean-Clet Martin
"Strass : copies sans modèle, pièces taillées dont la contrefaçon prend la place de l’original. Ensemble d’éclats pour accéder en oblique et depuis un hors-champ au cœur d’une Idée, d’un système." Ainsi Jean-Clet Martin nous entraîne en constellation : entretiens, lectures, échanges. "La contrefaçon est inventive d’un hors-champ ou d’un contretemps". Plus d'origine, le modèle va, sans l'original. Une toile et un blog, dont la forme fait le dessein.
Quelques ouvrages publiés de Jean-Clet Martin
04 octobre 2007
Philosophie en France
Y a t-il une actualité dans la philosophie ? La philosophie n'est-elle pas inactuelle par définition ? Blogs et sites internet sont des raccourcis par lesquels circule une information qui fait advenir du temps réel et accomplit l'achronie généralisée d'un monde sans histoire. Cette précipitation ne produit-elle pas une autre forme d'inactualité que le temps du manque, du temps qui manque, ne dit pas ? La philosophie, c'est son histoire, mais une histoire qui se conjugue au présent, et dont blogs et sites internet se font l'écho, permettant ainsi au temps de la réflexion de bénéficier de celui de l'accélération du présent. Le site de Didier Moulinier "un site dédié à la philosophie française à travers son actualité et son histoire, ses institutions, son enseignement, ses auteurs..." invite à cette réflexion : l'actualité et l'histoire dans un même mouvement, le mouvement de la philosophie...
19 septembre 2007
La pensée internet
Sciences Humaines d'octobre 2007, n° 186
La production et la diffusion du savoir se sont vues complètement bouleversées en l'espace de vingt ans. Révolution mentale ? Le magazine Sciences Humaines pose la question de l'émergence d'une civilisation numérique : "Un monde proliférant où se côtoient des blogs personnels et des journaux en ligne, des encyclopédies et des sites touristiques, des archives scientifiques et des brûlots idéologiques, du sexe et de la philosophie, des débats citoyens et des airs de musique, des séquences vidéo et des manuscrits anciens, les oeuvres d'Aristote et les photos de famille..." Nouvelle démocratie cognitive, ou consentement à une culture de l'imitation et du contrôle ? Cette organisation des connaissances entraîne des modes de validation qui brouillent la frontière du vrai et du faux. Les univers virtuels enlèvent toute pertinence aux notions d'espace et de temps qui déterminent nos corps en vérité. Dès lors, quel sens donner à l'apprentissage si des prothèses numériques éprouvent le monde à notre place ? 120 000 nouveaux blogs chaque jour (37% en japonais), 2 millions d'articles publiés dans Wikipedia, 8 milliards de pages indexées dans Google, le dossier de Sciences Humaines s'interroge aussi sur le développement du web 2.0 : "dans le web classique, chaque site est comme une ville faite de petites maisons, construite par son propriétaire et reliés par des canaux de circulation. Le Web 2.0 apporte une nouvelle idée : la construction en commun de bâtiments fabriqués avec des briques et les matériaux apportés par chacun." Comme le signale l'introduction du dossier de Sciences Humaines, "Internet et le Web ont déjà commencé à changer notre façon de lire, de chercher, de se documenter, d'enseigner. De penser peut-être ? L'enquête ne fait que commencer..."
10 septembre 2007
Le livre dans tous ses états
Deux initiatives remarquables qui vont faire parler les livres : Bibliobs, et Non fiction prévu pour octobre. Bibliobs se présente comme le "premier portail consacré à l'actualité littéraire" : "Ce nouvel espace consacré à tous les livres se veut un lieu de rencontre entre passionnés, professionnels, écrivains ; un lieu de débats avec les journalistes, les invités et les internautes, un lieu vivant où tous les points de vue auront leur place. On y trouvera de quoi lire, réfléchir, discuter, s'énerver..."
06 septembre 2007
Coupe du monde : les aléas du rebond
Grand nettoyage à Paris. Les pauvres sont priés d'aller voir ailleurs.
Le rugby est vraiment un sport de mouvement ! Et même la philosophie s'y met, pour que ça tourne ovale.
Plaquez-vous les uns les autres...
Transformation !
Le blog d'une fan, Catherine Kintzler et un livre de Thierry Tahon
10 mai 2007
Philosophe en blog
Et si Michel Onfray était un philosophe ? Blog à part, l'essentiel est d'occuper le terrain, et de Bové en passant par Besancenot, aujourd'hui le PC (la nouvelle gauche !) de fourguer ses espérances (moi, je vote pour x, c'est le plus libertaire) et de figurer (moi, je suis le philosophe qui prend part à la vie de la cité). Bonne pioche, un futur élu lui offre naïvement (bêtement ?) sur un plateau une polémique qui fait tache. (Inné or not inné) Alors, mon Socrate de donner ses leçons de connaissance de soi. Aujourd'hui, Calliclès ("dis-moi, Ségolène, Michel dit il cela sérieusement, ou plaisante-t-il ?" Gorgias) est au pouvoir et le philosophe ferme son blog, avec la parenthèse démocratique, mais pas son bec, puisqu'il nous annonce triomphalement qu'il sera publié à la rentrée, recyclé au commerce des idées. On se marre de tant de fatuité. Et si Sarkozy avait été élu ?
13 avril 2007
Le blog Marcel Gauchet
Immédiations : du citoyen comme journaliste
Au royaume de l'individualisme, du quant à soi promu en doctrine sociale, les blogs offrent parfois de belles surprises. Prenant en compte la crise des médiations et la désaffection du politique, le blog de Marcel Gauchet propose entretiens, conférences, de l'audio et de la video. "Internet, en ce sens, c’est le média absolu, la médiation qui supprime toutes les autres médiations, qui les rend inutiles. En même temps, d’autre part, les dimensions mêmes de ces possibilités illimitées font apparaître ce qu’il y a d’intenable dans cette disparition des médiations. Le même individu, auquel toutes les possibilités sont ouvertes, est aussitôt débordé par cette offre qui l’écrase et au milieu de laquelle il est perdu. Que lire ? Où chercher ? Comment s’y retrouver ? La destruction virtuelle de toutes les médiations en fait ressurgir l’impérieuse nécessité."





