Rue des idées

Actualités et revue de presse dans le domaine de la philosophie

17 septembre 2009

"Les riches ne sont pas des voleurs"

Le Point du 17 septembre 2009

Nouvelle provocation de la part de Sloterdijk ? Le Point propose un entretien avec le philosophe allemand dans lequel celui-ci revient sur la polémique ouverte avec l'article publié dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung. "Aujourd'hui, être de gauche signifie imaginer que le taux de prélèvement pourrait monter jusqu'à 60%, alors qu'être de droite, c'est penser qu'un taux de prélèvement de 35% est concevable.Toute la sémantique politique est contenue dans cette marge. Soyons clairs : nous vivons déjà dans le semi-socialisme réel, mais on continue à nous promettre un socialisme à venir. L'autodestruction des socialistes français tient à ce refoulement..." Alternative ? : "C'est l'expérience intellectuelle que je propose aux lecteurs/électeurs. Qu'ils admettent que l'Etat a besoin des sommes qu'il se procure par la force, qu'ils remplacent mentalement la contrainte par le volontariat, et ils éprouveront le fait que leurs impôts sont des dons. C'est ainsi qu'on en finira avec la société des forcenés fiscaux et qu'on édifiera une société véritablement civile où le lien social sera forgé par la générosité de ceux qui ont quelque chose à donner." On en reste sans voix...

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13 août 2009

Oui, le pauvre exploite le riche

Courrier International n° 978 du 1er au 19 août 2009

Une provocation de Peter Sloterdijk : "Le philosophe allemand a encore frappé. A la question de l'avenir du capitalisme, il répond par une critique en règle de l'Etat fiscal. Lequel encourage le parasitisme tout en pillant la planète et en obérant l'avenir..."

Extrait : "Pour qu'une force puisse s'opposer au pillage de notre avenir, il faudrait au préalable une refondation sociopsychologique de la société. Il s'agirait ni plus ni moins d'une "révolution de la main qui donne". Elle entraînerait la fin de l'impôt obligatoire et sa transformation en don à la collectivité, sans pour autant conduire à un appauvrissement du secteur public. Ce bouleversement thymotique devrait montrer que, dans l'éternel conflit entre cupidité et fierté, cette dernière peut également prendre le dessus."

in Frankfurter Allgemeine Zeitung

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19 décembre 2008

Sloterdijk : la France, un danger pour l'Europe ?

Le Point du 18 au 25 décembre 2008

Un entretien avec Peter Sloterdijk permet à ce dernier de revenir sur la polémique engendrée par son livre "Théorie des après-guerres", dans lequel il dénonce le malentendu des relations franco-allemandes depuis 1945, la France n'ayant jamais fait son "examen de conscience" et ayant toujours maquillé sa défaite en victoire. "Permettez-moi de rappeler que cet essai est issu d'une conférence que j'ai prononcée dans le cadre d'une énième rencontre franco-allemande-à laquelle assistaient d'ailleurs mes contradicteurs. La fameuse amitié franco-allemande est un fantôme inventé par les professionnels de la rencontre officielle. Il m'a semblé utile et même nécessaire de troubler ces routines autocongratulatoires. Car quels sont les rapports réels de nos pays au-delà du bluff des invités d'honneur dans les centres culturels ? Il y a les échanges économiques, un peu de tourisme et une grande indifférence réciproque, et c'est très bien comme ça." La suite est à lire sur Le Point.fr.

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17 octobre 2008

L'état contre les nouveaux féodaux

Le Point du 16 octobre 2008

La crise semble inspirer les philosophes. Après Zizek, voici Sloterdijk qui est interrogé par Elisabeth Lévy dans l'hebdomadaire Le Point. La crise risque-t-elle d'"engendrer un capitalisme d'Etat global et autoritaire" ? En serait-ce fini de l'illusoire espoir d'une sortie de l'histoire par le capitalisme ? Sloterdijk montre que la crise révéle l'"identité crypto-socialiste" des états qui, par le fisc, détiennent le "meilleur livret d'épargne du monde". Constat : "nous avons assisté à la reféodalisation accélérée de la société mondiale... " Prédiction : " On peut parfaitement imaginer que, à l'image de ce qui s'est passé au XVIIIe siècle, les Etats s'allient avec les peuples historiques contre les insolences de la nouvelle aristocratie pour lancer un New Deal planétaire semi-socialiste. On assistera alors à la naissance d'un capitalisme d'Etat autoritaire global qui établira sa domination sur les restes des peuples historiques..." A lire en ligne sur le site de la revue

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20 juillet 2008

"Mêmes dopés, ils sont sacrés"

Courrier international n°  924, du 17 au 23 juillet 2008

Il arrive à certains philosophes de gravir des cols qui n'ont rien de conceptuel. Dans un entretien pour Courrier International, Peter Sloterdijk nous fait donc savoir qu'il a 'ascensionné' le Mont Ventoux, comme Tom, le Simpson, qui y est resté, et nous entraîne dans sa réflexion sur le dopage, un peu embrumée à son désir d'exploit : "comme en 2003, lors de l'étape pyrénéenne vers Luz Ardiden, lorsque, accrochant son guidon au sac plastique d'un spectateur, Lance Armstrong a chuté 11 kilomètres avant l'arrivée. A ce moment-là, il s'est passé ce que Barthes appelait il y a cinquante ans un jump, une poussée d'énergie soudaine qui a permis à Armstrong de se remettre en selle avec la colère d'Achille. Une énergie qui l'a porté jusqu'au sommet, devant tous ses concurrents". Donc, les sportifs sont des héros, mais si leur exemplarité doit tout au dopage, que leur reste-t-il ? "Les sportifs ne peuvent être ni saints ni prêtres, mais ils doivent au moins jouer comme il faut leur rôle de héros." Voici justifiée l'hypocrisie qui fait admirer des corps plus positifs que glorieux,malgré l'hypothèse de leur perfection, et dont le spectacle du fonctionnement façonne le modèle performatif d'une société entière.

Pour mieux comprendre le lien entre sport et dopage, et plus particulièrement dans le cyclisme, l'ouvrage de Christophe Brissonneau, Olivier Aubel et Fabien Ohl : L'épreuve du dopage : sociologie du cyclisme, contient une analyse précise de la culture cycliste (acteurs, institutions, organisations), de l'initiation familiale au monde professionnel, et de ses conséquences sur la conduite d'une carrière : "la pratique du dopage vient indissociablement s’encastrer dans la carrière sportive selon une temporalité progressive et graduelle." cf comptes-rendus sur Liens socio : Igor Martinache, Sébastien Fleurel

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25 octobre 2007

Sloterdijk à la recherche de la colère perdue

Le Point du 25 octobre 2007

Sloterdijk publie "Colère et temps : essai politico-psychologique" (ironiquement Zorn und Zeit en allemand, qu'Ire et Temps aurait peut-être mieux rendu en français). Un entretien dans Le Point nous donne quelques pistes de réflexion sur cette colère qu'il voudrait voir réhabilitée, une saine colère, pas celle "chronique", "venimeuse" qui "envahit le système symbolique et nourrit le revanchisme des perdants". Quelques travaux pratiques avec ce qu'il appelle le "mystère de la nullité de la gauche française", "cette gauche" qui "hésite entre une révolte vide et un ritualisme sentimental". Un BHL de plus ? En plus cultivé, ce qui l'entraîne sur des terrains autrement plus stimulants pour le lecteur, même si parfois ambigus... Dans ce même numéro, un savoureux petit entretien sur le "monarchiste médiatique" et ses déboires sentimentaux, Nicolas himserf (l'esclave de son ego) permet d'apprécier son sens de la formule : "si vraiment le politicien est le conteneur émotionnel du petit peuple, cela doit créer un effet dévastateur quand l'on constate que même l'épouse refuse d'y déposer quoi que ce soit."

Voir aussi la critique de Robert Maggiori dans Libération du jeudi 18 octobre 2007 : "Les lecteurs habituels de Sloterdijk le retrouveront donc tel qu’en lui-même : philosophant à coups de machette, laissant toujours flotter un petit nuage d’incertitude entre ce qu’il critique et ce qu’il propose, flirtant toujours avec le paradoxe, jouant diaboliquement à aller au plus près de la ligne au-delà de laquelle ce qu’il dit provoquerait colère et indignation", d'Alexis Lacroix dans Marianne, semaine du 27 octobre au 2 novembre : "Conservateur, le plus rebelle des philosophes allemands ? Son dernier essai politique démontre l'inutilité de la révolte contre la mondialisation néolibérale."

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08 mars 2007

Essai sur la vie des artistes

M mouvement : l'indisciplinaire des arts vivants n° 42, janvier-mars 2007

La revue "Mouvement" publie un texte inédit de Peter Sloterdijk : "Esssai sur la vie des artistes, texte pour Sigmar Polke", initialement publié dans le catalogue de l'exposition du Stedelijk Museum d'Amsterdam en 1992.

Extrait : " Comment cela, le monde est-il tout ce qui tombe dans le réel ? De ce mouvement que nous sommes, nous en savons le moins possible. Une tradition nous aurait-elle éclairés sur le fait que ce qui est le cas, c'est ce qui nous donne à éprouver le monde . Ce qui est le cas, c'est ce mouvement de traversée du monde auquel se soumet, purement et simplement, la vie de l'homme en éveil. Celui qui tombe fait l'expérience de cette passion absolue en face de laquelle il n'est nulle supériorité - si ce n'est celle de se laisser tomber..."

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05 janvier 2007

Piège de cristal

Transfuge n° 13, novembre-décembre 2006

Entretien avec Peter Solterdijk fustigeant le consumérisme et la mondialisation, à partir de son dernier ouvrage publié en français : Le palais de cristal. "Aujourd'hui, aucun public n'a besoin des conseils d'un philosophe académique. La philosophie a connu son âge d'or, c'était dans les années 1800. La nouvelle bourgeoisie cherchait la philosophie pour asseoir sa suprématie et le prolétariat avait besoin de la philosophie pour justifier son émancipation. Aujourd'hui, la clientèle est désenchantée. Les philosophes échouent à être les entraîneurs de la société. Ils ne sont plus que des thérapeutes spécialisés dans la communication avec des handicapés."

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