Rue des idées

Actualités et revue de presse dans le domaine de la philosophie

28 octobre 2009

La patience des concepts

La Vie des idées du 28 octobre 2009

Antoine Granjean rend hommage à Gérard Lebrun, disparu il y a dix ans, à l'occasion de la parution du recueil d'articles titré Kant sans kantisme, dans un article en ligne sur La Vie des idées.fr : "Ni systématique ni génétique, sa lecture a pour objectif de traquer, derrière les concepts, les problématiques qui leur donnent sens et mouvement".

Voir aussi Libération du 30 avril 2009 : Le Kant à soi de Gérard Lebrun par Eric Aeschimann

 

Autres livres de Gérard Lebrun :

Kant et la fin de la métaphysique
L'envers de la dialectique : Hegel à la lumière de Nietzsche (article dans Actu philosophia)
La patience du concept (article dans la revue Esprit, mai 2003)

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15 octobre 2009

Carnets de captivité

Libération du 15 octobre 2009

C'est avec les Carnets de captivité que les Oeuvres complètes d'Emmanuel Levinas peuvent enfin commencer à être publiées sous la direction de Rodolphe Calin et Catherine Chalier, chez Grasset/Imec. Présentation de Jean-Luc Marion :" Levinas apparaît aujourd'hui, plus que Sartre et Merleau-Ponty, antérieurement à Ricœur, Henry et Derrida, comme le premier introducteur, héritier et continuateur de Husserl et Heidegger, le philosophe français le plus marquant du XXème siècle après Bergson. Ses deux ouvrages centraux, Totalité et Infini (1961) et Autrement qu'être ou au-delà de l'essence (1974), comptent parmi les classiques du siècle, et ses plus courts essais, Le temps et l'autre et De l'existence à l'existant (1947) restent des ouvertures géniales vers une pensée radicalement neuve de la subjectivité, d'autrui, de l'éthique et de la trace de Dieu. La philosophie actuelle en dépend radicalement. Mais cette oeuvre, multiforme (philosophie, histoire de la philosophie, littérature, politique, études juives, etc) et vaste, reste encore dispersée chez plusieurs éditeurs, français et étranger. Il apparaît d'autant plus urgent de la réunir en un seul ensemble qu'il faut aussi tenir compte aujourd'hui d'autres documents : les articles et conférences éparpillés au fil des revues, mais aussi les inédits conservés dans ses propres archives. Le projet comptera au minimum cinq volumes : inédits 1 & 2, Philosophie 1 & et 2, et enfin Critique littéraire-Leçons talmudiques-Entretiens. Aujourd'hui l’œuvre complète s'ouvre donc par un premier volume d'inédits, Carnets de captivité, Ecrits sur la captivité et Notes philosophiques diverses, réunis, édités et annotés par R. Calin (avec la collaboration de C. Chalier). Ces textes couvrent la période des origines jusqu'aux années de l'immédiate après-guerre (avec quelques prolongements plus récents). On y retrouve, dans un contexte fortement marqué par Sartre, des esquisses de romans, la première approche du thème capital de l'"il y a", les premières réflexions sur l'identité juive dans la crise de la guerre et de la captivité, etc. – bref ce qui marquera les essais philosophiques de l'immédiate après-guerre, mais aussi d'autres potentialités qui ne seront pas toutes également développées. "

Petit inventaire des réactions et commentaires :

Nicolas Weil dans Le Monde du 23 octobre
Entretien avec Michaël Levinas dans Le Magazine Littéraire de novembre ("Ces carnets témoignent d'abord de cette expérience de la maturation qui est l'abandon des possibles ; avant d'être le philosophe pur, il y a l'essayiste, sa relation avec les arts, la littérature, la poésie. Les carnets témoignent de cette situation de gestation. Ils ne révèlent pas tant les faces cachées d'un auteur que la façon dont va se métaboliser une véritable écriture."
Aude Lancelin dans le Nouvel Observateur du 22 au 28 octobre ("Les 500 pages d'inédits ici disponibles, pour la plupart rédigés au stalag mais couvrant en réalité la période allant de la fin des années 1930 jusqu'à la parution de Totalité et infini en 1961, sont passionnants à plus d'un titre...)
Robert Maggiori dans Libération
Jean-François Petit dans La Croix
Entretien de Jean-Luc Marion avec Elisabeth Lévy dans Le Point du 15 octobre ("Certains philosophes comptent, parce qu'ils proposent de nouvelles réponses à des questions déjà connues et discutées. Et c'est déjà beaucoup. Mais, comme Bergson, Levinas a rang de philosophe essentiel, car il a, lui, formulé des questions que personne avant lui n'avait vues, ni dites. Sans lui, nous ne penserions pas comme nous pensons désormais. Il dit clairement que la question de l'être pourrait ne pas constituer la première question de la philosophie...")
Emission Répliques du samedi 10 octobre (podcast) avec Catherine Chalier et Jean-Luc Marion

Quelques liens

Institut d'études lévinassiennes
Institut Mémoires de l'édition contemporaine : Emmanuel Levinas
Société internationale de recherche Emmanuel Levinas
Un siècle avec Emmanuel Levinas

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25 juin 2008

Nécrotechnologies

Pièces et main d'oeuvre

Questions globales, contributions locales, le collectif de citoyens grenoblois "Pièces et Main d'oeuvre" fait paraître deux ouvrages aux éditions L'Echappée : "Terreur & Possession - Enquête sur la police des populations à l’ère technologique" ("En 1921, Victor Serge écrit qu' " il n'est pas de force au monde qui puisse endiguer le flot révolutionnaire quand il monte, et que toutes les polices, quels que soient leur machiavélisme, leurs sciences et leurs crimes, sont à peu près impuissantes..." -Voire. Mais quand l'Histoire, pour l'essentiel, est devenue l'histoire des sciences et techniques, la moindre des choses est d'examiner en quoi celles-ci affectent les anciennes vérités. C'est ce que ce livre s'applique à faire en cinq généalogies qui remontent et démontent l'enchaînement de nos désastres : inventions de la Théorie du complot, du sécuritaire, du contrôle, de la possession technologique, via dispositifs et implants corporels, afin de nous priver de notre libre arbitre au sens le plus physique et matériel, et d'aboutir à " La Société de contrainte " ou techno-totalitarisme") et "Le téléphone portable, gadget de destruction massive" ("C'est le plus foudroyant développement technologique de l'Histoire.
En dix ans le téléphone portable a colonisé nos vies, avec l'active participation du public, et pour le bénéfice de l'industrie. Ce déferlement signe la victoire du marketing technologique contre les évidences. Non seulement les ravages - écologiques, sanitaires, sociaux, psychologiques - du portable sont niés, mais il n'est pas exclu que sa possession devienne obligatoire pour survivre à Technopolis. A l'échelle planétaire (déchets électroniques, massacres de populations et d'espèces menacées), nationale (surveillance, technification des rapports sociaux, bombardement publicitaire), locale (pollutions, pillage des ressources et des fonds publics) et individuelle (addiction, détérioration de la santé et autisme social), découvrons ce gadget devenu fléau absolu
."), contrepieds aux discours lénifiants et réfractaires à toute contradiction sur Mimatec,au hasard ?,  le pole d'innovation en micro et nanotechnologies de la "cuvette Grenobloise".

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